Etiquette RFID : présentation et définitions
Une étiquette RFID (Radio Frequency Identification) n’est pas un consommable quelconque. C’est le capteur d’identité de votre flux : elle porte l’identifiant, résiste à votre environnement et « parle » correctement aux antennes. Une étiquette performante sur carton peut échouer sur métal ou en milieu humide. Ce guide vous aide à comprendre les familles de tags, sélectionner la bonne référence, encoder l’identifiant et valider en conditions réelles — pour des lectures stables et une traçabilité robuste.
Pour une vue d’ensemble, voir l’article : Technologie RFID
1) Les grandes familles d’étiquettes RFID et leurs usages
Le choix d’une étiquette se fait selon trois axes : support, environnement, process.
1.1 Consommables (inlays et étiquettes imprimables)
Idéales pour cartons, dossiers, vêtements, pièces plastiques non métalliques. Un inlay (antenne + puce) est intégré dans une étiquette imprimable et encodable.
Atouts : coût unitaire bas, débit d’impression élevé, pose rapide.
Points de vigilance : adhésif adapté aux surfaces (PE, polyéthylène / PP, polypropylène, acier verni, peinture poudre).
1.2 Étiquettes durcies (tags industriels)
Conçues pour les milieux sévères (chaleur, chimie, chocs, UV). Boîtiers en ABS (acrylonitrile-butadiène-styrène) / PBT (polybutylène téréphtalate) / époxy, indices IP (Ingress Protection) élevés (IP67/IP68), fixation par rivet, vissage, collier ou adhésif technique.
Usages : bacs réutilisables, racks, moules, outillage.
1.3 Étiquettes « on-metal »
Spécifiques aux surfaces métalliques. Elles intègrent une couche isolante ou une antenne accordée pour maintenir la performance UHF (Ultra High Frequency) sur métal.
Formats : très fins (informatique/outils) ou épais (longue portée, chocs).

1.4 Scellés et étiquettes de sécurité
Pour sécuriser contenants, armoires, fûts, coffres. Rupture visible en cas d’ouverture. Traçabilité des accès et « chaîne de garde ».
1.5 Cartes et porte-clés HF/NFC
La HF (High Frequency) à 13,56 MHz inclut le NFC (Near Field Communication). Idéale pour le contrôle d’accès, l’affectation opérateur et les interactions de proximité avec un smartphone.
Pour replacer l’étiquette dans la chaîne complète (lecteurs, antennes, règles), lire : Comment fonctionne un système RFID ?
2) Fréquences : LF, HF/NFC ou UHF, que change le choix ?
La fréquence détermine portée, lecture de masse et tolérance au milieu.
- LF (Low Frequency, 125–134 kHz) : très courte portée, bonne tenue en environnements humides/métalliques, lecture unitaire (ex. contrôle d’accès).
- HF (High Frequency, 13,56 MHz, incluant NFC) : portée courte à moyenne, échanges fiables à proximité, utile pour interactions opérateur/smartphone.
- UHF (Ultra High Frequency, 860–960 MHz, dite RAIN RFID) : lecture à plusieurs mètres et en masse. Ici, RAIN (RAdio frequency IdentificatioN) désigne l’écosystème et le standard industriel autour de l’UHF passif (associations, profils d’usage, interopérabilité). C’est la référence logistique/industrielle (inventaires flash, tunnels d’expédition, portiques).
Côté réglementation radio, retenez les zones ETSI (European Telecommunications Standards Institute) en Europe et FCC (Federal Communications Commission) aux États-Unis. Pour les bases et standards, voir : Les fréquences RFID et leurs standards.
3) Ce que porte votre étiquette : identifiants, mémoire et sécurité
Chaque étiquette embarque au minimum :
- TID (Tag Identifier) : identifiant matériel en lecture seule.
- EPC (Electronic Product Code) : identifiant métier encodé dans la puce.
Parmi les schémas GS1 (Global Standards One) les plus utilisés :
- SGTIN (Serialized Global Trade Item Number) : produit sérialisé à l’unité.
- SSCC (Serial Shipping Container Code) : unité logistique (palette, colis).
- GRAI (Global Returnable Asset Identifier) : contenant réutilisable.
- GIAI (Global Individual Asset Identifier) : actif/équipement individuel.
- SGLN (Global Location Number) : emplacement (site, quai).
Certaines puces offrent une mémoire utilisateur (paramètres, dates). L’accès peut être protégé par mot de passe et une commande kill permet, si nécessaire, de désactiver l’étiquette.
Bonnes pratiques EPC : gouverner l’unicité (plages par site/ligne), lier EPC ↔ référence ↔ lot ↔ commande, contrôler l’encodage à l’impression. Définition détaillée : voir EPC dans le pilier Technologie RFID.
4) Support et environnement : là où se joue la performance
La performance d’une étiquette est d’abord physique.
- Métal : réfléchit l’onde UHF. Utiliser des on-metal, créer de la distance (entretoise), soigner orientation/pose.
- Liquides : l’eau absorbe l’UHF. Multiplier les tests, optimiser orientation/antennes ; pour de la lecture proche unitaire, la HF peut s’avérer préférable.
- Température / lavage / chimie : autoclave, fours, solvants, détergents. Choisir des durcies haute température, valider résistance chimique et UV.
- Contraintes mécaniques : chocs, abrasion, poussière, humidité. Sélectionner boîtiers robustes, adhésifs compatibles et indices IP adaptés.
5) Impression et encodage : fiabilité dès la pose
Les étiquettes imprimables/encodables se traitent en une passe avec une imprimante RFID : encodage de l’EPC, vérification puis impression du visuel (texte/codes).
Bonnes pratiques :
- Contrôle d’échec : ré-essai, rebut, journalisation (zéro « tag muet »).
- Relecture post-encodage : vérifier l’association EPC – visuel.
- Consommables : papier/PP (polypropylène)/PE (polyéthylène)/PI (polyimide) et rubans compatibles avec vos supports.
- Traçabilité : qui a imprimé/encodé quoi et quand.
Le middleware RFID (couche logicielle) transforme ensuite la lecture en événement métier et l’envoie vers vos systèmes. À approfondir : Logiciels RFID : toutes les solutions.
6) Méthode de sélection : comment choisir la bonne étiquette (approche terrain)
La sélection se fait chez vous, sur vos supports, à vos cadences.
- Qualifier le besoin : distance/portée, débit, lecture unitaire vs de masse, exposition (chaleur, eau, chimie).
- Pré-sélectionner 3–5 références : standards pour carton/plastique, on-metal pour métal, durcies pour cycles sévères.
- Prototyper en conditions réelles : mesurer taux de lecture, faux positifs/faux négatifs, stabilité sur la journée/semaine ; tester orientation et emplacement.
- Valider la supply chain : disponibilité, MOQ (Minimum Order Quantity), alternative multi-source, qualité d’impression/adhérence.
- Industrialiser : référentiel tags approuvés, SOP (Standard Operating Procedure) de pose/encodage/contrôle, plan de reprise (reprint, re-encode).

7) Cas d’usage : paniers de tags prêts à l’emploi
Expédition & entrepôt (UHF, lecture de masse)
- Cartons/palettes : étiquettes imprimables + encodables avec imprimante RFID.
- Tunnel : références validées en lecture de masse, tolérantes aux orientations.
Production & WIP (Work-In-Progress, avancement de fabrication)
- Bacs réutilisables, racks, moules : on-metal durcies vissées/collées.
- Outillage : mini on-metal robustes et compacts.
Santé & pharmaceutique
- Instruments stérilisables : tags autoclave.
- Contenants sensibles : étiquettes compatibles chimie, tests en milieu humide.
Agro & boissons
- Fûts/bouteilles : tags durcis ou scellés RFID ; on-metal si nécessaire.
- Lignes rapides : validation en tunnel, tenue sur surfaces humides.
Pour des inspirations par secteur, consultez : Utilisation de la RFID dans l’industrie
8) Erreurs fréquentes à éviter (et comment les corriger)
- Choisir un tag « générique » sans tests réels → performance aléatoire.
- Sous-estimer métal/eau → effondrement du taux de lecture.
- Mauvais emplacement de pose : zones d’ombre, torsions, frottements.
- Adhésif inadapté à la matière/environnement → décollement.
- Gouvernance EPC absente : doublons, réutilisation trop tôt.
- Encodage non contrôlé : étiquettes muettes en production.
9) Coûts et approvisionnement : ordres de grandeur réalistes
- Inlays / imprimables UHF : quelques dizaines de centimes selon volumes.
- On-metal / durcies : de 1 à quelques euros selon format et résistance.
- Scellés RFID : variable selon niveau de sécurité/robustesse.
- Cartes HF/NFC : coût unitaire modéré, impression possible.
Optimisez en standardisant 1–2 références par usage, en sécurisant une deuxième source et en planifiant vos consommables (étiquettes blanches, rubans, liners).
10) Pour aller plus loin sur la RFID
Une étiquette n’a de valeur que si sa lecture devient un événement métier dans vos outils :
- Vue d’ensemble : Technologie RFID (page pilier).
- Mécanique de bout en bout : Comment fonctionne un système RFID ?.
- Cadre technique : Les fréquences RFID et leurs standards.
- Couche logicielle : Logiciels RFID : toutes les solutions.
- Cas par secteur : Utilisation de la RFID dans l’industrie.
Faq étiquettes RFID
Nos réponses aux questionnements que l’on retrouve souvent chez nos clients
Une étiquette on-metal dédiée, avec couche isolante ou antenne spécifique. Tester format et emplacement exact de pose.
Oui, mais la performance baisse car l’eau absorbe l’UHF (Ultra High Frequency). Multiplier les tests, adapter orientation/antennes ; pour de la lecture proche, la HF (High Frequency) peut être préférable.
Oui pour des tags durcis (bacs, racks, outils). Les imprimables sont en général à usage unique.
L’inlay est l’antenne + la puce. L’imprimable ajoute support/adhésif pour impression/encodage. Le durci encapsule l’ensemble dans un boîtier robuste (atelier, outdoor), souvent en ABS (acrylonitrile-butadiène-styrène), PBT (polybutylène téréphtalate) ou résine époxy.
Gouverner la numérotation (plages par site/ligne), contrôler l’encodage à l’impression et journaliser l’association EPC – référence – lot – commande.
Choisir un adhésif compatible matière/environnement (y compris PE, polyéthylène / PP, polypropylène), préparer la surface (nettoyage/dégraissage), ou passer sur un montage vissé/riveté si l’environnement est abrasif/humide.